06Tableau du blackjackguide

Toujours les as et les 8. Jamais les 10 et les 5.

La décision la plus contre-intuitive du blackjack.

La réponse courte. Trois règles de séparation ne bougent jamais au blackjack : toujours séparer les as, toujours séparer les 8, ne jamais séparer les 10 ni les 5. Garder 8 et 8 revient à jouer un 16, la pire main du jeu ; séparer donne deux mains mauvaises mais nettement moins désespérées. Toutes les autres paires dépendent de la carte visible du croupier.

Dans ce guide

  1. Les trois règles absolues
  2. La paire de 8 contre un 10, en détail
  3. Les paires qui dépendent du croupier
  4. Le trou du 7, la ligne que personne n’explique
  5. Le double après séparation change la donne
  6. Ta paire, tout de suite

Le tableau de stratégie de base compte des dizaines de cases. Celles des paires sont les moins bien jouées, parce qu’elles demandent de faire l’inverse de ce que l’instinct commande.

Trois règles ne bougent jamais. Le reste dépend de ce que montre le croupier. Si le vocabulaire t’échappe, les règles du blackjack posent les bases en une page.

Les trois règles absolues

Les as, toujours. Deux as valent 12, ou 2 si tu comptes l’un des deux à 1. C’est une main morte. Séparés, chaque as devient le départ d’une main qui peut atteindre 21 avec n’importe quelle carte à dix, et il y en a seize sur cinquante-deux. Une seule limite : après séparation d’as, la plupart des tables ne donnent qu’une carte par main et ne comptent pas un 21 comme un blackjack.

Les 8, toujours. C’est celle qui coûte le plus cher aux joueurs, et on y revient plus bas.

Les 10 et les 5, jamais. Deux dix font 20, la deuxième meilleure main du jeu. Deux cinq font 10, une main qu’on double, pas qu’on sépare. Dans les deux cas, séparer revient à démonter une bonne main pour en fabriquer deux moyennes.

La paire de 8 contre un 10, en détail

C’est la décision qui fait le plus grincer des dents. Le croupier montre un 10, tu as 8 et 8, et le tableau te demande de mettre une deuxième mise sur la table.

Le raisonnement se tient en deux temps.

Ce que tu as si tu gardes. 8 + 8 = 16. C’est la pire main du blackjack : trop faible pour battre quoi que ce soit, trop haute pour tirer sans risque. Contre un 10, elle perd environ 54 % de la mise en moyenne, quel que soit ton choix ensuite.

Ce que tu as si tu sépares. Deux mains qui partent de 8. Un 8 n’est pas une bonne main, mais c’est une main vivante : n’importe quelle carte à dix te met à 18, un 9 à 17, un as à 19. Tu ne pars plus d’une position sans issue.

Séparer ne rend pas la main gagnante. Séparer perd moins. Et comme la même situation revient des centaines de fois, ce « moins » est exactement ce qui sépare un joueur à 0,46 % d’avantage maison d’un joueur à 5 %.

Les paires qui dépendent du croupier

Pour les autres, la question n’est pas « ma paire est-elle bonne » mais « le croupier est-il en difficulté ». Un croupier qui montre 4, 5 ou 6 saute beaucoup plus souvent : c’est le moment de mettre plus d’argent sur la table.

Ta paireTu sépares contreTu ne sépares pas contre
A, Atoutrien
8, 8toutrien
2,2 · 3,3 · 7,72 à 78, 9, 10, A
6, 62 à 67 et au-delà
9, 92 à 6, puis 8 et 97, 10, A
4, 45 et 6 seulementle reste
5, 5 · 10, 10jamaistout

Le trou du 7, la ligne que personne n’explique

Regarde la ligne des 9. Tu sépares contre 2, 3, 4, 5, 6, puis tu ne sépares pas contre 7, puis tu sépares à nouveau contre 8 et 9.

Ce trou en plein milieu a l’air d’une erreur d’impression. Il n’en est pas une.

Un croupier qui montre un 7 a le plus souvent une carte à dix cachée, donc 17. Ton 18 bat 17. Tu tiens déjà une main gagnante : la garder est le bon choix, la séparer serait échanger une victoire probable contre deux résultats incertains.

Contre un 8 ou un 9, en revanche, le croupier finit le plus souvent à 18 ou 19, et ton 18 ne suffit plus. Là, séparer redevient rentable.

C’est la meilleure illustration du principe qui gouverne tout le tableau : la valeur de ta main dépend entièrement de celle d’en face.

Le double après séparation change la donne

Une règle de table, notée DAS, autorise à doubler après avoir séparé. Quand elle existe, séparer devient plus rentable, parce que chacune des deux mains peut encore être renforcée.

C’est ce qui explique les paires de 2, 3 et 7 contre les petites cartes du croupier : sans le DAS, plusieurs de ces cases deviennent des « ne pas séparer ». Vérifie la règle avant de t’asseoir, elle est indiquée dans la fiche de la table.

Ta paire, tout de suite

Le tableau complet est sur ce site. Tape ta paire dans la barre de recherche, 8,8 face à 9 ou paire de 9 contre 7 , et la case s’allume avec la réponse écrite en toutes lettres.

Questions fréquentes

Faut-il toujours séparer une paire de 8 au blackjack ?

Oui, y compris contre un 10 et contre un as. Garder 8 et 8, c'est jouer un 16, la pire main du jeu. Séparer donne deux mains qui partent de 8, chacune mauvaise mais nettement moins désespérée que 16.

Pourquoi ne jamais séparer une paire de 10 ?

Parce que 20 est la deuxième meilleure main du blackjack, et qu'elle gagne largement dans presque tous les cas. Séparer, c'est troquer une main très forte contre deux mains ordinaires, dans l'espoir d'un gain qui n'arrive pas assez souvent pour compenser.

Faut-il séparer une paire de 9 contre un 7 ?

Non. C'est le cas le plus contre-intuitif du tableau. Ton 18 bat le 17 que le croupier fait le plus souvent avec un 7. Séparer transformerait une main gagnante en deux mains incertaines.

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